Quête #20 (Paris)

Quête #20 (Paris)
Chamanisme coréen
Le chamanisme coréen nous plonge dans un univers où les humains, les ancêtres, les esprits et les divinités entretiennent des liens étroits. À travers les mudang, les rituels gut et de nombreuses croyances populaires, il révèle une facette ancienne, mystérieuse et toujours vivante de la culture coréenne.
Localisation Square du Vert-Galant (Paris) Voir sur Google Maps
Temps de jeu 45 min (estimation)
Horaires Toujours ouvert
Disponible Jusqu’au 20 septembre 2026
A prévoir
  • Smartphone
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    Histoire de la chasse au trésor 

    Aujourd’hui, Jieun reprend le carnet depuis la première page.
    Elle l’a pourtant parcouru un nombre incalculable de fois. Elle connaît certains dessins presque par cœur, se souvient de l’emplacement de plusieurs annotations et pourrait probablement retrouver certaines pages les yeux fermés. Malgré cela, elle continue de le feuilleter avec l’espoir qu’un détail jusque-là invisible finira par apparaître.
    Mais rien.
    Après les dernières révélations sur sa grand-mère, cette absence de nouvelle piste devient particulièrement frustrante. Jieun sait désormais qu’elle est à Paris, quelque part, et pourtant elle n’a jamais eu l’impression d’être aussi incapable de savoir dans quelle direction chercher.
    Son téléphone vibre soudainement.
    C’est Minho.
    Il lui propose de passer la soirée ensemble à Montmartre.
    Le carnet est immédiatement oublié.
    Un sourire apparaît sur le visage de Jieun et elle accepte sans attendre. Le rendez-vous n’est pourtant prévu que dans plusieurs heures, mais cela ne l’empêche pas de commencer presque aussitôt à réfléchir à ce qu’elle va porter et à se préparer avec beaucoup plus d’application qu’elle ne voudrait l’admettre.
    Comme elle connaît mal Montmartre et refuse surtout de risquer d’arriver en retard, Jieun décide finalement de s’y rendre bien à l’avance. Cela lui donnera aussi l’occasion de découvrir tranquillement ce quartier qu’elle voulait visiter depuis son arrivée à Paris.
    Elle se perd volontairement dans les petites rues, monte des escaliers, photographie les façades et s’arrête régulièrement devant les vues qui apparaissent au détour d’un passage. Cette promenade prend peu à peu des airs de petite escapade, au point qu’elle s’amuse à compter les marches d’un escalier particulièrement raide. 27 marches. Arrivée en haut, légèrement essoufflée, elle se retourne pour admirer la vue avant de reprendre son chemin. Le soleil commence doucement à disparaître derrière les immeubles, enveloppant les murs d’une lumière dorée qui donne à Montmartre une atmosphère presque irréelle.
    Jieun prend photo après photo.
    À cette heure, tout lui paraît particulièrement beau.
    Et peut-être aussi un peu plus romantique qu’elle ne l’avait prévu.
    Peu à peu, le ciel s’assombrit et l’heure du rendez-vous approche. Jieun consulte son téléphone et décide qu’il est temps de rejoindre Minho.
    Elle quitte alors une petite ruelle presque déserte qu’elle était en train d’admirer.
    Après quelques pas, une sensation étrange la pousse à ralentir.
    Quelqu’un l’observe.
    Jieun s’arrête et regarde derrière elle.
    Personne.
    La ruelle est vide.
    Elle reste attentive quelques secondes avant de reprendre sa marche, légèrement moins sereine.
    Puis elle l’aperçoit.
    Tout au bout de la rue.
    Une forme sombre se tient presque immobile dans la pénombre.
    Jieun plisse les yeux, incapable d’en distinguer précisément les contours. Ce n’est peut-être qu’une personne, une ombre projetée contre un mur… Pourtant, quelque chose dans cette silhouette lui rappelle immédiatement la présence qu’elle avait aperçue aux Arènes de Lutèce.
    Son cœur accélère.
    Elle fait un pas en arrière.
    La silhouette avance.
    Un son aigu déchire soudainement le silence de la rue.
    Jieun sursaute.
    Ce n’est ni un cri humain ni un bruit qu’elle parvient à identifier. C’est un son strident, presque douloureux, qui semble se rapprocher en même temps que la silhouette.
    Cette fois, elle ne cherche pas à comprendre.
    Elle court.
    Jieun s’engouffre dans les ruelles de Montmartre sans même savoir où elle va. Elle tourne au premier croisement, puis au suivant, tandis que ses pas résonnent contre les murs et que le jour disparaît rapidement autour d’elle.
    Elle ose regarder derrière elle.
    La silhouette est toujours là.
    Et elle se rapproche.
    Le son aigu retentit de nouveau, plus fort, comme s’il traversait directement son corps.
    Jieun accélère encore.
    Elle tourne brusquement dans une nouvelle rue.
    Et s’arrête.
    Un mur.
    Une impasse.
    – Non…
    Elle se retourne.
    La silhouette vient d’apparaître à l’entrée de la ruelle.
    Cette fois, elle est suffisamment proche pour que Jieun commence à distinguer une apparence vaguement humaine. Une forme pâle semble émerger de l’obscurité, presque flottante, avec quelque chose dans son allure qui rappelle immédiatement à Jieun les histoires de « Gwisin », ces fantômes coréens dont elle connaît les récits depuis l’enfance.
    Le cri devient encore plus aigu.
    Jieun recule jusqu’à trébucher et tombe lourdement au sol.
    La panique l’envahit.
    Puis une phrase lui revient.
    L’avertissement de la gérante de Mugunghwa.
    Le coffret.
    Jieun ouvre précipitamment son sac et fouille parmi ses affaires. Ses mains tremblent tellement qu’elle peine à saisir les objets, mais ses doigts finissent par rencontrer le petit coffret découvert au centre de la place de Séoul.
    Elle le sort.
    – Allez…
    Elle tire sur le couvercle.
    Rien.
    Elle recommence, cherche un mécanisme, appuie sur les côtés, tente de forcer la serrure.
    Le coffret refuse toujours de s’ouvrir.
    – Allez !
    La Gwisin continue d’avancer.
    Dans sa précipitation, Jieun fait tomber plusieurs objets de son sac. Parmi eux roule le fil que la vendeuse lui avait confié.
    Jieun l’aperçoit.
    Elle ne réfléchit même pas.
    Elle le ramasse et referme instinctivement ses doigts autour de lui.
    La gwisin est désormais si proche que Jieun n’ose plus regarder. Elle ferme les yeux, se recroqueville contre le mur et serre le fil de toutes ses forces dans son poing.
    Le cri strident emplit toute la ruelle.
    Puis…
    plus rien.

    Le silence est si soudain que Jieun n’ose pas bouger.
    Quelques secondes passent.
    Elle finit par ouvrir lentement les yeux et relève la tête.
    La gwisin est toujours là.
    Mais elle ne bouge plus.
    Elle ne crie plus non plus.
    Quelque chose a changé dans son attitude. L’esprit qui poursuivait Jieun quelques secondes auparavant semble maintenant pétrifiée, comme si elle venait elle-même de découvrir quelque chose de beaucoup plus effrayant.
    Et elle ne regarde plus Jieun.
    Elle regarde derrière elle.
    Jieun tourne lentement la tête.
    Son souffle se coupe.
    Au milieu de la ruelle obscure se tient un immense renard blanc.
    Cette fois, il n’est plus une silhouette entre des arbres, une présence lointaine aperçue pendant quelques secondes ou une petite forme reproduite dans le minhwa de Clara.
    Elle est là.
    À quelques mètres d’elle.
    Et derrière son corps se déploient neuf longues queues.
    Jieun reste immobile, fascinée.
    La lumière environnante semble accrocher leur pelage et dessiner leurs contours dans la nuit. Les neuf queues se déploient derrière l’animal avec une majesté presque irréelle, tandis que son épaisse fourrure blanche contraste avec l’obscurité de la ruelle. Il ne montre ni les crocs ni aucune agressivité, mais sa seule présence semble suffire à transformer complètement l’atmosphère.
    Jieun comprend enfin ce qu’elle a devant elle.
    Une Gumiho.
    Pendant un instant, ni la Gumiho ni la gwisin ne bougent.
    Elles se fixent.
    Il n’y a aucun combat, aucun mouvement spectaculaire. Pourtant, Jieun a l’impression d’assister à un affrontement silencieux, comme si les deux créatures évaluaient leur force sans avoir besoin de s’approcher davantage.
    Et la gwisin semble terrorisée.
    La Gumiho, elle, reste parfaitement droite.
    Calme.
    Imposante.
    Puis, brusquement, la gwisin sombre disparaît dans la nuit.
    Le silence revient.
    Cette fois, il ne reste plus que Jieun et le renard.
    Le visage de la Gumiho semble alors s’apaiser. Ses queues redescendent doucement derrière elle et son regard se pose sur Jieun d’une manière totalement différente.
    Jieun ne ressent aucune peur.
    Depuis des semaines, elle poursuit cette présence sans jamais parvenir à réellement l’approcher. Elle l’a aperçue dans l’obscurité, retrouvée sur un tableau et sentie autour d’elle à plusieurs reprises.
    Maintenant qu’elle est enfin devant elle, Jieun éprouve au contraire une étrange familiarité.
    Comme si cette rencontre avait été attendue… pas seulement par elle, mais par toutes les deux…
    Elle contemple le visage du renard, ses yeux calmes, son pelage presque lumineux dans la nuit, puis remarque soudain quelque chose sur son front.
    Une marque rouge.
    Jieun fronce les sourcils.
    Elle connaît ce symbole.
    Son regard tombe instinctivement sur le coffret encore posé près d’elle.
    C’est le même.
    Exactement le même symbole que celui gravé sur le coffret qu’elle a déterré place de Séoul.
    Il est beaucoup trop particulier pour qu’il puisse s’agir d’une coïncidence.
    Jieun relève les yeux.
    La Gumiho n’a toujours pas bougé.
    Alors, très lentement, elle se redresse et fait un pas vers elle.
    Puis un deuxième.
    La renarde la laisse approcher.
    Jieun tend doucement la main, le cœur battant si fort qu’elle a l’impression de l’entendre dans le silence.
    Encore quelques centimètres…
    Un bruit de pas retentit soudainement au bout de la rue.
    La Gumiho relève immédiatement la tête.
    – Attends ! dit Jieun.
    Mais elle recule déjà.
    Ses neuf queues disparaissent dans l’obscurité et, en quelques secondes, il ne reste plus aucune trace de sa présence.
    Jieun se retourne.
    Minho arrive en courant.
    Son visage est inquiet et, lorsqu’il aperçoit Jieun au sol, il se précipite vers elle.
    – Jieun ! Que s’est-il passé ?
    Elle met quelques secondes à répondre.
    Minho semble ne pas avoir vu la Gumiho.
    – J’ai été suivie… Il y avait quelque chose dans la rue. Une gwisin, je crois. Elle m’a poursuivie et ce bruit… ce cri…
    Sous l’effet du stress, Jieun raconte tout dans le désordre : la silhouette, la course à travers les ruelles, l’impasse.
    Elle s’apprête à raconter ce qui s’est passé ensuite lorsque Minho l’interrompt.
    – Une gwisin est extrêmement dangereuse ! Jieun, tu dois vraiment faire attention. Les gwisin, les dokkaebi, les Gumihos… toutes ces créatures sont bien réelles, et certaines peuvent être particulièrement dangereuses.
    Jieun se fige.
    « Gumihos »
    Il vient bien de prononcer ce mot… parmi les créatures dangereuses.
    Elle regarde Minho, encore essoufflé par sa course, puis tourne brièvement les yeux vers l’endroit où le renard a disparu.
    Minho ne sait pas.
    Il ignore que la Gumiho était ici quelques instants plus tôt.
    Et surtout, il ignore qu’elle vient peut-être de lui sauver la vie.
    Jieun repense aux avertissements qu’elle a déjà reçus. La gérante de Mugunghwa, le maître de taekwondo, Minho… tous semblent lui répéter qu’un danger existe autour d’elle.
    Mais aucun d’eux n’était là il y a quelques minutes.
    La Gumiho, si.
    Jieun prend alors une décision.
    Elle ne dira rien à Minho.
    Pas encore.
    En tant que chamane, Minho lui propose finalement de pratiquer un rituel de protection.
    Jieun ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, mais après ce qu’elle vient de vivre, elle accepte volontiers.
    Ils rejoignent un petit jardin non loin de là, beaucoup plus calme. Minho choisit un endroit à l’écart, puis pose son sac devant lui et commence à en sortir méthodiquement plusieurs objets.
    Jieun le regarde faire.
    Un petit ensemble de clochettes, des feuilles de papier portant des inscriptions, quelques étoffes soigneusement pliées, un éventail et plusieurs objets dont elle ignore complètement l’utilité apparaissent progressivement devant elle.
    Après la terreur de la ruelle, la scène lui paraît presque rassurante.
    Elle ne peut même pas empêcher un petit sourire.
    – Quoi ? demande Minho sans quitter ses préparatifs des yeux.
    – Rien.
    – Tu souris.
    – Je ne vous avais simplement jamais imaginé avec tout ça dans votre sac.
    Minho lui adresse un regard faussement contrarié avant de reprendre son sérieux.
    Lorsqu’il commence le rituel, son attitude change complètement.
    Ses gestes deviennent précis et mesurés. Le léger tintement des clochettes rompt le silence du jardin tandis qu’il récite à voix basse des paroles que Jieun ne distingue pas toujours. Il fait passer un bujeok (talisman traditionnel coréen) devant elle, marque plusieurs mouvements dans l’air, puis utilise son éventail comme pour repousser symboliquement quelque chose loin de l’espace qu’il vient de délimiter.
    Jieun devrait probablement se concentrer sur le rituel.
    Pourtant, elle se surprend surtout à observer Minho.
    Elle découvre chez lui la même concentration qu’elle avait remarquée pendant le concert, mais avec quelque chose de plus profond. Il ne joue aucun rôle et ne semble pas se soucier de l’image qu’il renvoie. Chaque geste est accompli avec un sérieux absolu, comme s’il n’existait plus rien autour de lui que la nécessité de la protéger.
    Et Jieun doit bien se l’avouer : elle le trouve particulièrement charmant ainsi.
    Lorsqu’il termine enfin, il reste silencieux quelques instants avant de ranger soigneusement ses affaires.
    – Ça devrait t’aider.
    Jieun sourit.
    – Merci.
    La soirée n’a finalement rien eu du rendez-vous à Montmartre qu’elle avait imaginé quelques heures plus tôt. Pourtant, lorsqu’elle quitte le jardin avec Minho, Jieun se sent étrangement plus sereine.
    Ce soir, elle a eu peur.
    Mais elle a aussi compris qu’elle n’était pas seule.
    Minho cherche à la protéger.
    Les Jikimi semblent veiller sur elle.
    Et désormais, elle en est presque certaine…
    la Gumiho aussi.
    Cette rencontre reste pourtant celle qui occupe toutes ses pensées.
    Elle revoit son immense silhouette blanche dans l’obscurité, ses neuf queues déployées derrière elle et ce symbole rouge sur son front, identique à celui du coffret.
    Elle était si proche.
    Jieun aurait presque pu la toucher.
    Depuis son arrivée à Paris, elle croyait suivre les traces de cette mystérieuse Gumiho. Elle cherchait à la retrouver, tentait de comprendre ses apparitions et avançait de lieu en lieu avec l’impression de toujours arriver quelques instants trop tard.
    Mais après ce soir, une autre possibilité s’impose à elle.
    Et si elle s’était trompée depuis le début ?
    Et si ce n’était pas Jieun qui cherchait la Gumiho…
    mais la Gumiho qui cherchait Jieun ?

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    Énigmes
    1
    Enigme 1 Facile Observation
    Le domaine de Sansin
    A résoudre
    2
    Enigme 2 Facile Observation
    Le gardien du passage
    A résoudre
    3
    Enigme 3 Moyen Observation
    La demeure de Seongju
    A résoudre
    4
    Enigme 4 Moyen Observation
    Le chemin des esprits
    A résoudre
    Énigme Bonus
    5
    Enigme 5 Moyen Observation
    Là où l'eau apaise les esprits
    A résoudre
    6
    Enigme 6 Difficile Observation Logique
    Le chemin entre les mondes
    A résoudre