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| Localisation | FIAP Paris (30 Rue Cabanis, Paris) Voir sur Google Maps |
| Temps de jeu | 45 min (estimation) |
| Horaires | De 10h00 à 20h00 (tous les jours) |
| Disponible | Jusqu’au 28 juin 2026 |
| A prévoir |
|
C’est Clara qui relance la quête, sans même s’en rendre compte.
Un après-midi, alors qu’elles discutent tranquillement autour d’un café, Clara commence à montrer à Jieun des photographies prises quelques jours plus tôt lors d’une exposition d’art contemporain coréen. Les images défilent sur son téléphone : installations lumineuses, sculptures abstraites, immenses toiles couvertes de couleurs vives ou de formes impossibles à interpréter immédiatement.
Clara parle avec enthousiasme, commentant chaque œuvre avec cette passion sincère qu’elle a pour la culture coréenne. Jieun l’écoute distraitement, souriant parfois devant l’énergie de son amie, jusqu’au moment où une image apparaît à l’écran.
Alors, tout s’arrête.
C’est un tableau.
Au centre de la toile se tient une silhouette féminine aux contours flous, presque irréels. Les traits du visage sont indistincts, comme dissous dans la peinture elle-même, mais quelque chose dans la posture, dans la présence qui se dégage de l’œuvre, provoque imédiatement un trouble profond chez Jieun.
Elle sent son cœur se serrer.
– Tu as vu ce tableau ? demande-t-elle d’une voix plus basse qu’elle ne l’aurait voulu.
Clara relève les yeux, surprise par son changement de ton, puis sourit.
– Oui. Il est incroyable, non ? Tu devrais vraiment le voir en vrai.
Jieun hésite à peine avant d’accepter.
Quelques heures plus tard, elles se rendent ensemble à l’exposition.
La salle est calme, presque silencieuse, comme si les œuvres imposaient naturellement le respect. Les visiteurs parlent à voix basse, ralentissent devant certaines installations, puis disparaissent dans les autres pièces.
Mais Jieun ne voit presque rien autour d’elle.
Le tableau est là.
Plus grand qu’elle ne l’imaginait.
Les couleurs sont profondes, traversées de nuances sombres et lumineuses qui semblent se repousser autant qu’elles s’attirent. La scène représentée n’a rien de paisible, mais rien de menaçant non plus. Quelque chose d’indéfinissable s’en dégage, une émotion difficile à nommer, comme si le tableau cherchait moins à montrer une image qu’à réveiller une sensation enfouie.
Jieun reste immobile devant la toile.
Elle ne parvient plus à détourner le regard.
Une émotion brutale la traverse, si soudaine qu’elle en oublie presque où elle se trouve. Ce n’est pas un souvenir précis. Plutôt une impression ancienne, familière, comme une scène qu’elle aurait connue autrefois sans pouvoir la replacer dans sa mémoire.
Elle pense aussitôt au jardin.
Au pansori.
À la silhouette blanche de la Gumiho apparaissant entre les arbres.
Mais ici, ce qu’elle ressent est différent.
Plus intime.
Plus profond.
Comme si le tableau ne se contentait pas d’éveiller ses souvenirs, mais répondait directement à quelque chose en elle.
Pendant un instant, Jieun a l’étrange sensation que l’œuvre la regarde autant qu’elle l’observe.
–
Jieun reste longtemps devant le tableau.
Autour d’elle, les visiteurs passent, observent quelques secondes la toile, puis repartent. Certains semblent touchés. D’autres paraissent mal à l’aise. Chacun regarde l’œuvre différemment.
Jieun finit par comprendre que c’est peut-être cela, le véritable sujet du tableau.
Le regard.
Le regard que l’on pose sur les choses.
Sur les autres.
Sur soi-même.
Depuis son enfance, les Gumiho lui ont toujours été décrites comme des monstres dangereux. Elle-même n’avait jamais vraiment remis cette image en question.
Et pourtant…
Quand elle avait aperçu la Gumiho dans le jardin, elle n’avait pas ressenti ce qu’elle imaginait ressentir face à une créature maléfique.
Elle avait surtout vu de la tristesse.
Et quelque chose d’étrangement humain.
Son regard revient vers la silhouette peinte sur la toile.
Peut-être qu’une même créature peut devenir effrayante ou bouleversante selon la manière dont on choisit de la regarder.
Comme les Gumiho.
Comme les humains.
En quittant l’exposition avec Clara, Jieun sent qu’un doute s’est installé en elle.
Elle ne cherche plus seulement à retrouver une Gumiho.
Elle commence à vouloir comprendre qui elle est réellement.
C’est Clara qui relance la quête, sans même s’en rendre compte.
Un après-midi, alors qu’elles discutent tranquillement autour d’un café, Clara commence à montrer à Jieun des photographies prises quelques jours plus tôt lors d’une exposition d’art contemporain coréen. Les images défilent sur son téléphone : installations lumineuses, sculptures abstraites, immenses toiles couvertes de couleurs vives ou de formes impossibles à interpréter immédiatement.
Clara parle avec enthousiasme, commentant chaque œuvre avec cette passion sincère qu’elle a pour la culture coréenne. Jieun l’écoute distraitement, souriant parfois devant l’énergie de son amie, jusqu’au moment où une image apparaît à l’écran.
Alors, tout s’arrête.
C’est un tableau.
Au centre de la toile se tient une silhouette féminine aux contours flous, presque irréels. Les traits du visage sont indistincts, comme dissous dans la peinture elle-même, mais quelque chose dans la posture, dans la présence qui se dégage de l’œuvre, provoque imédiatement un trouble profond chez Jieun.
Elle sent son cœur se serrer.
– Tu as vu ce tableau ? demande-t-elle d’une voix plus basse qu’elle ne l’aurait voulu.
Clara relève les yeux, surprise par son changement de ton, puis sourit.
– Oui. Il est incroyable, non ? Tu devrais vraiment le voir en vrai.
Jieun hésite à peine avant d’accepter.
Quelques heures plus tard, elles se rendent ensemble à l’exposition.
La salle est calme, presque silencieuse, comme si les œuvres imposaient naturellement le respect. Les visiteurs parlent à voix basse, ralentissent devant certaines installations, puis disparaissent dans les autres pièces.
Mais Jieun ne voit presque rien autour d’elle.
Le tableau est là.
Plus grand qu’elle ne l’imaginait.
Les couleurs sont profondes, traversées de nuances sombres et lumineuses qui semblent se repousser autant qu’elles s’attirent. La scène représentée n’a rien de paisible, mais rien de menaçant non plus. Quelque chose d’indéfinissable s’en dégage, une émotion difficile à nommer, comme si le tableau cherchait moins à montrer une image qu’à réveiller une sensation enfouie.
Jieun reste immobile devant la toile.
Elle ne parvient plus à détourner le regard.
Une émotion brutale la traverse, si soudaine qu’elle en oublie presque où elle se trouve. Ce n’est pas un souvenir précis. Plutôt une impression ancienne, familière, comme une scène qu’elle aurait connue autrefois sans pouvoir la replacer dans sa mémoire.
Elle pense aussitôt au jardin.
Au pansori.
À la silhouette blanche de la Gumiho apparaissant entre les arbres.
Mais ici, ce qu’elle ressent est différent.
Plus intime.
Plus profond.
Comme si le tableau ne se contentait pas d’éveiller ses souvenirs, mais répondait directement à quelque chose en elle.
Pendant un instant, Jieun a l’étrange sensation que l’œuvre la regarde autant qu’elle l’observe.
–
Jieun reste longtemps devant le tableau.
Autour d’elle, les visiteurs passent, observent quelques secondes la toile, puis repartent. Certains semblent touchés. D’autres paraissent mal à l’aise. Chacun regarde l’œuvre différemment.
Jieun finit par comprendre que c’est peut-être cela, le véritable sujet du tableau.
Le regard.
Le regard que l’on pose sur les choses.
Sur les autres.
Sur soi-même.
Depuis son enfance, les Gumiho lui ont toujours été décrites comme des monstres dangereux. Elle-même n’avait jamais vraiment remis cette image en question.
Et pourtant…
Quand elle avait aperçu la Gumiho dans le jardin, elle n’avait pas ressenti ce qu’elle imaginait ressentir face à une créature maléfique.
Elle avait surtout vu de la tristesse.
Et quelque chose d’étrangement humain.
Son regard revient vers la silhouette peinte sur la toile.
Peut-être qu’une même créature peut devenir effrayante ou bouleversante selon la manière dont on choisit de la regarder.
Comme les Gumiho.
Comme les humains.
En quittant l’exposition avec Clara, Jieun sent qu’un doute s’est installé en elle.
Elle ne cherche plus seulement à retrouver une Gumiho.
Elle commence à vouloir comprendre qui elle est réellement.

