Saison 3
Épisode 23 — Hanbok
Au réveil, Jieun n’a qu’une seule idée en tête.
« La Porte de l’esprit »
Depuis sa promenade avec Minho, elle ne cesse de repenser au grand portail et aux caractères inscrits au-dessus. La vieille Jikimi lui avait déconseillé d’aller « au-delà des portes de la raison », Minho avait retrouvé la trace de cette porte dans des ouvrages anciens et, plus étrange encore, il lui avait confié n’avoir jamais ressenti le moindre esprit à proximité.
Tout cela ne peut pas être une simple coïncidence.
Et surtout, Jieun n’a actuellement aucun moyen de retrouver la Gumiho. Depuis leur rencontre à Montmartre, elle espère secrètement la revoir, mais elle ignore où chercher et ne possède aucun moyen de l’appeler.
Cette porte est donc sa meilleure piste.
Il reste cependant une question essentielle : comment l’ouvrir ?
Car si la vieille femme lui avait expressément déconseillé de le faire, c’est qu’il doit bien exister quelque chose à ouvrir, même si le portail que Jieun a découvert avec Minho est déjà grand ouvert.
Après quelques hésitations, elle pense à la personne qui lui a donné le plus d’indices depuis son arrivée à Paris : la gérante de Mugunghwa.
Cette fois, Jieun ne la prévient pas.
Elle se rend directement à la boutique de tissus coréens.
–
Lorsqu’elle pousse la porte de la boutique, elle retrouve immédiatement l’atmosphère raffinée qui l’avait tant impressionnée lors de sa première visite. Les étoffes soigneusement disposées, les couleurs profondes des tissus et les bojagi exposés donnent toujours au lieu cette élégance discrète qui semble caractériser toutes les boutiques de la gérante.
Cette dernière est justement présente.
Elle discute avec une cliente près d’un présentoir lorsqu’elle aperçoit Jieun.
Son expression trahit d’abord sa surprise, mais elle interrompt aussitôt sa conversation pour venir l’accueillir.
– Bonjour Jieun ! Tu vas bien depuis la dernière fois ? Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?
Jieun remarque immédiatement le changement.
Lors de leurs premières rencontres, la femme conservait une certaine distance polie. Désormais, son ton est devenu beaucoup plus familier, presque affectueux.
– Bonjour… Désolée, je ne voulais pas vous déranger.
Jieun jette un regard vers la cliente dont elle vient d’interrompre la conversation.
La femme la fixe.
Jieun la regarde à son tour.
Puis quelque chose la trouble.
Ce visage…
Elle le connaît.
Il lui faut quelques secondes pour replacer ce souvenir parmi toutes les rencontres qu’elle a faites depuis son arrivée à Paris.
Et soudain, elle comprend : C’est la chanteuse de pansori!
Cette femme est la chanteuse qu’elle avait rencontrée par hasard dans un jardin, au tout début de son aventure.
Et surtout…
Cette soirée correspond également à l’une de ses toutes premières rencontres furtives avec la mystérieuse renarde blanche.
Jieun reste interdite.
La chanteuse semble immédiatement comprendre ce qui se passe dans son esprit. Elle incline légèrement la tête avec un sourire discret, comme si elle répondait silencieusement à une question que Jieun n’a même pas eu besoin de formuler.
*Oui. C’est bien moi.*
Mais que fait-elle ici ?
Est-elle, elle aussi, une Jikimi ?
Jieun ne se souvient pourtant pas de l’avoir vue pendant la fête de Chuseok. Peut-être tous les gardiens n’étaient-ils simplement pas présents… ou peut-être cette femme occupe-t-elle encore une autre place dans cette histoire.
– Jieun ?
Elle sursaute presque.
La gérante la regarde avec un grand sourire.
– Tu vas bien ? Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?
Jieun réalise qu’elle est restée plusieurs secondes plongée dans ses pensées.
– Oui… Pardon. Je voulais vous demander quelque chose.
Elle hésite une dernière fois.
– La porte… Vous connaissez la Porte de la raison ?
Le sourire de la vendeuse se fige très légèrement.
Encore une fois, Jieun reconnaît cette expression qu’elle commence à détester : celle de quelqu’un qui sait quelque chose mais réfléchit à ce qu’il a le droit de lui révéler.
– Tu découvres les choses très rapidement.
Jieun la fixe.
Cette réponse lui suffit.
*Elle savait.*
Peut-être même depuis leur toute première rencontre.
Une pointe d’agacement revient immédiatement. Depuis des semaines, les Jikimi la guident suffisamment pour lui permettre d’avancer, mais jamais assez pour qu’elle puisse réellement comprendre ce qui lui arrive.
Alors Jieun reprend, avec un calme volontairement appuyé :
– Il y a un temps pour ressentir. Un temps pour observer. Et un temps pour comprendre.
Un petit son lui parvient sur le côté.
La chanteuse de pansori vient d’étouffer un rire.
Elle baisse aussitôt les yeux comme si elle s’intéressait soudainement aux tissus exposés devant elle, mais Jieun comprend parfaitement qu’elle vient d’apprécier sa réponse.
La gérante, elle, reste sérieuse.
– Cette phrase signifie justement qu’il ne faut pas brûler les étapes.
Il y a encore quelques semaines, Jieun aurait probablement accepté cette réponse. Elle aurait remercié la femme, serait repartie avec ses nouvelles questions et aurait attendu que le prochain indice apparaisse.
Mais sa rencontre avec la vieille Jikimi lui a appris autre chose.
Parfois, attendre gentiment ne suffit pas.
– Alors comment est-ce qu’on ouvre la porte ?
Cette fois, le silence s’installe réellement.
La gérante semble prise au dépourvu.
Même la chanteuse tourne légèrement la tête vers Jieun, avant de détourner rapidement le visage pour dissimuler un sourire qu’elle ne parvient manifestement plus à retenir.
La vendeuse hésite.
– Jieun…
Elle baisse les yeux quelques secondes.
Lorsqu’elle reprend la parole, sa voix a perdu la chaleur habituelle de leurs échanges.
– Je ne peux pas t’aider. Je suis désolée.
Puis, presque maladroitement, elle s’éloigne pour aller s’occuper de quelque chose à l’arrière de la boutique.
Jieun reste immobile.
Elle ne s’attendait pas à cette réaction.
Depuis leur rencontre, cette femme avait toujours été bienveillante avec elle. C’est elle qui lui avait offert le bojagi ancien, parlé des fils invisibles et orientée vers un autre Jikimi lorsqu’elle pensait que Jieun avait besoin de protection.
Jamais elle ne lui avait tourné le dos ainsi.
L’agacement de Jieun retombe immédiatement.
À sa place, apparaît un sentiment beaucoup moins agréable : la culpabilité.
Peut-être est-elle allée trop loin.
Elle voulait simplement obtenir une réponse et, depuis quelques jours, elle est tellement fatiguée des secrets qu’elle en oublie parfois que cette femme fait partie des rares personnes qui l’ont toujours accueillie avec gentillesse.
Jieun envisage de la rejoindre pour s’excuser.
Puis elle se ravise.
Ce n’est probablement pas le bon moment.
Elle baisse légèrement la tête et se dirige vers la sortie.
La chanteuse de pansori, restée silencieuse jusque-là, la regarde approcher.
Lorsque Jieun arrive devant la porte, la femme fait quelques pas et l’ouvre pour elle.
– Merci, murmure Jieun.
Elle s’apprête à sortir lorsque la chanteuse se rapproche légèrement.
Sa voix devient suffisamment basse pour ne pas porter jusqu’au fond de la boutique.
– Je sais comment ouvrir la porte.
Jieun s’immobilise.
Elle tourne lentement la tête vers elle.
Mais la chanteuse conserve une expression parfaitement tranquille.
– Venez chez moi lorsque vous aurez le temps.
Avant que Jieun ait pu répondre, elle glisse discrètement quelque chose dans sa main.
Une carte de visite.
Jieun la regarde, stupéfaite.
La chanteuse lui adresse seulement un léger sourire avant de s’écarter.
– Bonne journée, Jieun.
Puis la porte se referme derrière elle.
Dehors, Jieun reste quelques secondes immobile sur le trottoir.
Elle regarde la carte qu’elle tient dans sa main.
*Je sais comment ouvrir la porte.*
De quelle porte parlait-elle exactement ?
Pendant une seconde, Jieun envisage l’explication la plus absurde : la chanteuse venait littéralement de lui ouvrir la porte de la boutique. Peut-être s’amusait-elle simplement de toute cette histoire.
Mais pourquoi lui donner son adresse ?
Et surtout, pourquoi parler aussi bas ?
Jieun se retourne et regarde à travers la vitrine.
À l’intérieur, la gérante est toujours au fond de la boutique. La chanteuse, elle, a repris sa place comme si rien ne venait de se passer.
Un doute plus troublant apparaît.
Et si elle avait attendu que la gérante s’éloigne pour lui transmettre ce message ?
Les Jikimi ne sont pas tous d’accord entre eux.
Les paroles du vieil homme lui reviennent immédiatement.
Peut-être vient-elle d’en obtenir une nouvelle preuve.
La vieille femme voulait qu’elle abandonne.
La gérante semble vouloir l’empêcher d’avancer trop vite.
Le vieil homme, au contraire, paraît s’amuser chaque fois que Jieun franchit une nouvelle étape.
Et maintenant, cette mystérieuse chanteuse lui propose directement de lui apprendre à ouvrir une porte que d’autres préféreraient manifestement laisser fermée.
Jieun range soigneusement la carte.
Elle regrette toujours la manière dont s’est terminée sa conversation avec la gérante. Elle devra revenir lui parler.
Mais une chose est certaine.
Elle était entrée dans cette boutique avec une question.
Elle en ressort avec une adresse.
Et depuis le début de son aventure, Jieun a appris une chose : lorsqu’une personne liée à sa quête lui donne une adresse à Paris… elle finit toujours par y découvrir quelque chose.
« La Porte de l’esprit »
Depuis sa promenade avec Minho, elle ne cesse de repenser au grand portail et aux caractères inscrits au-dessus. La vieille Jikimi lui avait déconseillé d’aller « au-delà des portes de la raison », Minho avait retrouvé la trace de cette porte dans des ouvrages anciens et, plus étrange encore, il lui avait confié n’avoir jamais ressenti le moindre esprit à proximité.
Tout cela ne peut pas être une simple coïncidence.
Et surtout, Jieun n’a actuellement aucun moyen de retrouver la Gumiho. Depuis leur rencontre à Montmartre, elle espère secrètement la revoir, mais elle ignore où chercher et ne possède aucun moyen de l’appeler.
Cette porte est donc sa meilleure piste.
Il reste cependant une question essentielle : comment l’ouvrir ?
Car si la vieille femme lui avait expressément déconseillé de le faire, c’est qu’il doit bien exister quelque chose à ouvrir, même si le portail que Jieun a découvert avec Minho est déjà grand ouvert.
Après quelques hésitations, elle pense à la personne qui lui a donné le plus d’indices depuis son arrivée à Paris : la gérante de Mugunghwa.
Cette fois, Jieun ne la prévient pas.
Elle se rend directement à la boutique de tissus coréens.
–
Lorsqu’elle pousse la porte de la boutique, elle retrouve immédiatement l’atmosphère raffinée qui l’avait tant impressionnée lors de sa première visite. Les étoffes soigneusement disposées, les couleurs profondes des tissus et les bojagi exposés donnent toujours au lieu cette élégance discrète qui semble caractériser toutes les boutiques de la gérante.
Cette dernière est justement présente.
Elle discute avec une cliente près d’un présentoir lorsqu’elle aperçoit Jieun.
Son expression trahit d’abord sa surprise, mais elle interrompt aussitôt sa conversation pour venir l’accueillir.
– Bonjour Jieun ! Tu vas bien depuis la dernière fois ? Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?
Jieun remarque immédiatement le changement.
Lors de leurs premières rencontres, la femme conservait une certaine distance polie. Désormais, son ton est devenu beaucoup plus familier, presque affectueux.
– Bonjour… Désolée, je ne voulais pas vous déranger.
Jieun jette un regard vers la cliente dont elle vient d’interrompre la conversation.
La femme la fixe.
Jieun la regarde à son tour.
Puis quelque chose la trouble.
Ce visage…
Elle le connaît.
Il lui faut quelques secondes pour replacer ce souvenir parmi toutes les rencontres qu’elle a faites depuis son arrivée à Paris.
Et soudain, elle comprend : C’est la chanteuse de pansori!
Cette femme est la chanteuse qu’elle avait rencontrée par hasard dans un jardin, au tout début de son aventure.
Et surtout…
Cette soirée correspond également à l’une de ses toutes premières rencontres furtives avec la mystérieuse renarde blanche.
Jieun reste interdite.
La chanteuse semble immédiatement comprendre ce qui se passe dans son esprit. Elle incline légèrement la tête avec un sourire discret, comme si elle répondait silencieusement à une question que Jieun n’a même pas eu besoin de formuler.
*Oui. C’est bien moi.*
Mais que fait-elle ici ?
Est-elle, elle aussi, une Jikimi ?
Jieun ne se souvient pourtant pas de l’avoir vue pendant la fête de Chuseok. Peut-être tous les gardiens n’étaient-ils simplement pas présents… ou peut-être cette femme occupe-t-elle encore une autre place dans cette histoire.
– Jieun ?
Elle sursaute presque.
La gérante la regarde avec un grand sourire.
– Tu vas bien ? Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?
Jieun réalise qu’elle est restée plusieurs secondes plongée dans ses pensées.
– Oui… Pardon. Je voulais vous demander quelque chose.
Elle hésite une dernière fois.
– La porte… Vous connaissez la Porte de la raison ?
Le sourire de la vendeuse se fige très légèrement.
Encore une fois, Jieun reconnaît cette expression qu’elle commence à détester : celle de quelqu’un qui sait quelque chose mais réfléchit à ce qu’il a le droit de lui révéler.
– Tu découvres les choses très rapidement.
Jieun la fixe.
Cette réponse lui suffit.
*Elle savait.*
Peut-être même depuis leur toute première rencontre.
Une pointe d’agacement revient immédiatement. Depuis des semaines, les Jikimi la guident suffisamment pour lui permettre d’avancer, mais jamais assez pour qu’elle puisse réellement comprendre ce qui lui arrive.
Alors Jieun reprend, avec un calme volontairement appuyé :
– Il y a un temps pour ressentir. Un temps pour observer. Et un temps pour comprendre.
Un petit son lui parvient sur le côté.
La chanteuse de pansori vient d’étouffer un rire.
Elle baisse aussitôt les yeux comme si elle s’intéressait soudainement aux tissus exposés devant elle, mais Jieun comprend parfaitement qu’elle vient d’apprécier sa réponse.
La gérante, elle, reste sérieuse.
– Cette phrase signifie justement qu’il ne faut pas brûler les étapes.
Il y a encore quelques semaines, Jieun aurait probablement accepté cette réponse. Elle aurait remercié la femme, serait repartie avec ses nouvelles questions et aurait attendu que le prochain indice apparaisse.
Mais sa rencontre avec la vieille Jikimi lui a appris autre chose.
Parfois, attendre gentiment ne suffit pas.
– Alors comment est-ce qu’on ouvre la porte ?
Cette fois, le silence s’installe réellement.
La gérante semble prise au dépourvu.
Même la chanteuse tourne légèrement la tête vers Jieun, avant de détourner rapidement le visage pour dissimuler un sourire qu’elle ne parvient manifestement plus à retenir.
La vendeuse hésite.
– Jieun…
Elle baisse les yeux quelques secondes.
Lorsqu’elle reprend la parole, sa voix a perdu la chaleur habituelle de leurs échanges.
– Je ne peux pas t’aider. Je suis désolée.
Puis, presque maladroitement, elle s’éloigne pour aller s’occuper de quelque chose à l’arrière de la boutique.
Jieun reste immobile.
Elle ne s’attendait pas à cette réaction.
Depuis leur rencontre, cette femme avait toujours été bienveillante avec elle. C’est elle qui lui avait offert le bojagi ancien, parlé des fils invisibles et orientée vers un autre Jikimi lorsqu’elle pensait que Jieun avait besoin de protection.
Jamais elle ne lui avait tourné le dos ainsi.
L’agacement de Jieun retombe immédiatement.
À sa place, apparaît un sentiment beaucoup moins agréable : la culpabilité.
Peut-être est-elle allée trop loin.
Elle voulait simplement obtenir une réponse et, depuis quelques jours, elle est tellement fatiguée des secrets qu’elle en oublie parfois que cette femme fait partie des rares personnes qui l’ont toujours accueillie avec gentillesse.
Jieun envisage de la rejoindre pour s’excuser.
Puis elle se ravise.
Ce n’est probablement pas le bon moment.
Elle baisse légèrement la tête et se dirige vers la sortie.
La chanteuse de pansori, restée silencieuse jusque-là, la regarde approcher.
Lorsque Jieun arrive devant la porte, la femme fait quelques pas et l’ouvre pour elle.
– Merci, murmure Jieun.
Elle s’apprête à sortir lorsque la chanteuse se rapproche légèrement.
Sa voix devient suffisamment basse pour ne pas porter jusqu’au fond de la boutique.
– Je sais comment ouvrir la porte.
Jieun s’immobilise.
Elle tourne lentement la tête vers elle.
Mais la chanteuse conserve une expression parfaitement tranquille.
– Venez chez moi lorsque vous aurez le temps.
Avant que Jieun ait pu répondre, elle glisse discrètement quelque chose dans sa main.
Une carte de visite.
Jieun la regarde, stupéfaite.
La chanteuse lui adresse seulement un léger sourire avant de s’écarter.
– Bonne journée, Jieun.
Puis la porte se referme derrière elle.
Dehors, Jieun reste quelques secondes immobile sur le trottoir.
Elle regarde la carte qu’elle tient dans sa main.
*Je sais comment ouvrir la porte.*
De quelle porte parlait-elle exactement ?
Pendant une seconde, Jieun envisage l’explication la plus absurde : la chanteuse venait littéralement de lui ouvrir la porte de la boutique. Peut-être s’amusait-elle simplement de toute cette histoire.
Mais pourquoi lui donner son adresse ?
Et surtout, pourquoi parler aussi bas ?
Jieun se retourne et regarde à travers la vitrine.
À l’intérieur, la gérante est toujours au fond de la boutique. La chanteuse, elle, a repris sa place comme si rien ne venait de se passer.
Un doute plus troublant apparaît.
Et si elle avait attendu que la gérante s’éloigne pour lui transmettre ce message ?
Les Jikimi ne sont pas tous d’accord entre eux.
Les paroles du vieil homme lui reviennent immédiatement.
Peut-être vient-elle d’en obtenir une nouvelle preuve.
La vieille femme voulait qu’elle abandonne.
La gérante semble vouloir l’empêcher d’avancer trop vite.
Le vieil homme, au contraire, paraît s’amuser chaque fois que Jieun franchit une nouvelle étape.
Et maintenant, cette mystérieuse chanteuse lui propose directement de lui apprendre à ouvrir une porte que d’autres préféreraient manifestement laisser fermée.
Jieun range soigneusement la carte.
Elle regrette toujours la manière dont s’est terminée sa conversation avec la gérante. Elle devra revenir lui parler.
Mais une chose est certaine.
Elle était entrée dans cette boutique avec une question.
Elle en ressort avec une adresse.
Et depuis le début de son aventure, Jieun a appris une chose : lorsqu’une personne liée à sa quête lui donne une adresse à Paris… elle finit toujours par y découvrir quelque chose.

