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| Localisation | Square René Viviani (Paris) Voir sur Google Maps |
| Temps de jeu | 45 min (estimation) |
| Horaires | 9:00 à 20:30 |
| Disponible | Jusqu’au 20 septembre 2026 |
| A prévoir |
|
Le lendemain, Jieun repense plusieurs fois au dîner de la veille.
Plus elle y réfléchit, plus elle est convaincue que le restaurateur écoutait réellement leur conversation. Son changement d’attitude et surtout le long regard échangé avec Minho au moment de payer ne pouvaient pas être de simples coïncidences.
Et il y a un détail encore plus troublant : ce restaurant était mentionné dans le carnet.
Jieun se demande alors si elle n’est pas passée à côté d’un indice important. Elle aurait pu rester quelques minutes de plus, interroger le restaurateur ou simplement observer davantage les lieux, mais elle avait tellement apprécié cette soirée avec Minho qu’elle n’avait pas voulu transformer une nouvelle fois un moment agréable en enquête.
Pendant quelques minutes, elle envisage sérieusement d’y retourner.
Pourtant, une autre personne lui revient rapidement à l’esprit.
Le vieil homme et ses papiers de hanji.
Depuis leur première rencontre, Jieun est persuadée qu’il en sait beaucoup plus qu’il ne veut bien le montrer. Ses phrases mystérieuses, ses silences et sa façon de choisir chacun de ses mots l’avaient parfois agacée, mais c’est surtout grâce à lui qu’elle avait pu poursuivre la piste qui l’avait finalement menée jusqu’au coffret.
Cette fois, elle ne veut plus se contenter de quelques énigmes.
Elle doit le revoir.
Lorsqu’elle arrive devant son appartement, Jieun sonne et attend quelques instants.
La porte s’ouvre.
Le vieil homme apparaît et, en la reconnaissant, affiche une expression de surprise qui se transforme rapidement en sourire.
Jieun ouvre la bouche pour expliquer la raison de sa visite, mais il la devance immédiatement.
– Vous tombez bien ! Je m’apprêtais justement à faire un peu de calligraphie. Entrez donc !
Jieun reste un instant devant la porte, la phrase qu’elle avait préparée encore suspendue au bord des lèvres.
Finalement, elle sourit intérieurement.
L’homme n’a décidément pas changé depuis leur dernière rencontre. Il semble toujours savoir ce qu’elle vient chercher et, surtout, il ne lui laisse jamais vraiment le temps de le demander.
Elle entre.
Sur la table, tout est effectivement prêt : plusieurs pinceaux sont soigneusement disposés près d’une pierre à encre, tandis que des feuilles de hanji attendent encore parfaitement immaculées.
Le vieil homme désigne la chaise placée devant le matériel.
– Asseyez-vous.
Jieun obéit presque machinalement. Assise devant les pinceaux et l’encre, elle a soudain l’impression d’être une élève venue assister à une leçon qu’elle n’avait pourtant jamais demandée.
Elle le regarde préparer tranquillement le matériel.
Cette fois, elle refuse cependant de repartir sans avoir parlé.
– En fait…
Aucune réaction.
L’homme continue de préparer son encre avec une concentration imperturbable.
Jieun reprend, avec une petite pointe d’agacement dans la voix :
– J’ai suivi l’indice que vous m’aviez donné avec le papier de hanji… et j’ai trouvé…
Le vieil homme se retourne brusquement.
– Allez, allez… Je n’ai pas besoin de tout savoir.
Jieun s’interrompt.
Elle le fixe quelques secondes.
Il sait.
Elle en est presque certaine.
Il sait ce qu’elle a trouvé, ou au moins ce que l’indice devait lui permettre de découvrir, mais il refuse délibérément qu’elle le prononce devant lui.
Jieun repense immédiatement à la réaction de la vendeuse de tissus lorsqu’elle avait aperçu le coffret, puis à son avertissement de ne pas le montrer à n’importe qui.
Le message commence à devenir clair.
Ce coffret doit rester secret.
Le vieil homme, lui, a déjà repris son activité comme si cette conversation n’avait jamais eu lieu. Il saisit finalement un pinceau et le tend à Jieun.
– Si tu veux comprendre tout ce mystère, dit-il calmement, tu dois d’abord comprendre ce que représente un trait.
Jieun regarde le pinceau.
Encore une phrase énigmatique.
Mais cette fois, elle ne proteste pas.
Elle le prend.
Le vieil homme lui montre d’abord quelques gestes, puis place devant elle 9 caractères qu’il lui demande de reproduire un à un.
Jieun pose délicatement la pointe de son pinceau sur le papier.
L’encre est noire, profonde, tandis que le hanji encore immaculé semble presque trop parfait pour être touché.
Elle commence.
Très vite, elle comprend que le moindre mouvement compte. La pression du pinceau modifie l’épaisseur du trait, sa vitesse change son aspect, et la plus petite hésitation reste visible sur le papier.
Il n’est pas possible d’effacer pour recommencer.
Chaque geste laisse une trace.
Jieun observe attentivement le vieil homme, puis tente de reproduire ses mouvements en cherchant le juste équilibre entre la maîtrise du pinceau et la liberté du geste. Au début, elle réfléchit à chaque déplacement de sa main, mais peu à peu, quelque chose devient plus naturel.
Sa respiration ralentit.
Toute son attention se concentre sur la pointe du pinceau qui glisse sur le hanji.
Pendant quelques instants, il n’y a plus de carnet, plus de coffret, plus d’esprits mystérieux ni de questions sur sa grand-mère. Il n’y a que l’encre, le papier et ce geste qu’elle doit conduire jusqu’à son terme.
Lorsqu’elle trace enfin le dernier mouvement, Jieun relève lentement son pinceau.
Le vieil homme s’approche et contemple le résultat sans rien dire.
Son silence dure suffisamment longtemps pour que Jieun commence à douter.
Puis il murmure :
– Tu apprends vite.
Il incline légèrement la tête en signe d’approbation.
Jieun regarde sa calligraphie et ne peut retenir un sourire de satisfaction. Elle sait qu’elle est loin d’être parfaite, mais cette simple reconnaissance lui procure une fierté presque enfantine.
Le vieil homme observe encore quelques secondes le papier.
Puis il ajoute, toujours à voix basse :
– Vous êtes bien sa petite-fille.
Le sourire de Jieun disparaît.
Elle tourne brusquement la tête vers lui.
Le vieil homme, lui, continue de contempler la calligraphie comme s’il venait de prononcer une phrase parfaitement ordinaire.
Mais Jieun commence à le connaître.
Depuis leur première rencontre, cet homme ne semble jamais laisser échapper un mot par hasard. S’il vient de parler de sa petite-fille, c’est qu’il voulait qu’elle l’entende.
Cette fois, elle saisit la perche.
– Vous connaissez ma grand-mère ?
Le vieil homme détourne légèrement le visage, dissimulant mal un petit sourire qui donne presque à Jieun l’impression qu’il attendait précisément cette question.
Puis son expression s’adoucit.
– C’est une personne bienveillante.
Jieun reste immobile.
Ce n’est pas le fait qu’il connaisse sa grand-mère qui la bouleverse le plus.
C’est le temps qu’il vient d’employer.
« C’est.
Pas « C’était ».
Son cœur accélère.
– « C’est » ? répète-t-elle timidement.
Sa voix tremble déjà.
Le vieil homme ne répond pas immédiatement. Il range tranquillement l’un des pinceaux, puis son visage devient beaucoup plus sérieux.
– Elle est bien à Paris.
Jieun cesse presque de respirer.
Tout ce qu’elle a découvert depuis son arrivée semble soudain se resserrer autour de ces quelques mots : la photographie impossible, l’écriture de sa grand-mère, le témoignage du maître de taekwondo et toutes les traces qui semblaient prouver qu’elle était réellement passée par Paris.
Mais cette fois, quelqu’un ne lui parle plus d’un passage ancien.
Il lui dit qu’elle est ici.
– Où ? demande Jieun d’une voix à peine audible.
Le vieil homme secoue doucement la tête.
– Je ne le sais pas moi-même.
Jieun sent l’espoir retomber brutalement, mais il poursuit avant qu’elle puisse répondre.
– Elle vous trouvera lorsque le moment sera venu.
Jieun ne sait plus quoi demander.
Elle voudrait insister, savoir quand il l’a vue pour la dernière fois, ce qu’il sait réellement et comment il peut être aussi certain qu’elle se trouve encore à Paris. Pourtant, lorsqu’elle regarde le vieil homme, elle comprend qu’elle n’obtiendra rien de plus aujourd’hui.
Et, pour une fois, cela lui suffit presque.
Sa grand-mère est à Paris.
Ces quelques mots tournent en boucle dans son esprit.
Jieun remercie le vieil homme pour la calligraphie et pour ce qu’il vient de lui révéler. Sa gorge est nouée, ses yeux déjà brillants, mais elle s’efforce de ne pas pleurer devant lui. Elle inspire profondément, parvient à lui adresser un sourire fragile, puis quitte rapidement l’appartement avant que son émotion ne déborde complètement.
Une fois dans la rue, elle s’arrête… Elle n’y arrive plus…
Les larmes qu’elle retenait depuis l’appartement coulent enfin sur ses joues, d’abord silencieusement, avant que toute l’émotion accumulée depuis son arrivée ne la submerge.
Pendant des années, sa grand-mère avait simplement disparu. Jieun avait appris à vivre avec l’absence, avec les questions sans réponse et avec cette terrible possibilité qu’elle ne la reverrait jamais.
Mais aujourd’hui, pour la première fois, quelqu’un vient de lui donner autre chose qu’un indice ou une trace du passé.
Un espoir.
Sa grand-mère est quelque part dans cette ville.
Jieun essuie ses larmes, mais d’autres viennent aussitôt.
Elle ne sait pas où la chercher, elle ignore pourquoi elle se cache et comprend encore moins pourquoi elle semble avoir préparé cette étrange quête à son intention.
Pourtant, au milieu de ses sanglots, une pensée suffit désormais à tout changer.
Elle est vivante.
Et quelque part dans Paris, peut-être beaucoup plus près qu’elle ne l’imagine…
Le lendemain, Jieun repense plusieurs fois au dîner de la veille.
Plus elle y réfléchit, plus elle est convaincue que le restaurateur écoutait réellement leur conversation. Son changement d’attitude et surtout le long regard échangé avec Minho au moment de payer ne pouvaient pas être de simples coïncidences.
Et il y a un détail encore plus troublant : ce restaurant était mentionné dans le carnet.
Jieun se demande alors si elle n’est pas passée à côté d’un indice important. Elle aurait pu rester quelques minutes de plus, interroger le restaurateur ou simplement observer davantage les lieux, mais elle avait tellement apprécié cette soirée avec Minho qu’elle n’avait pas voulu transformer une nouvelle fois un moment agréable en enquête.
Pendant quelques minutes, elle envisage sérieusement d’y retourner.
Pourtant, une autre personne lui revient rapidement à l’esprit.
Le vieil homme et ses papiers de hanji.
Depuis leur première rencontre, Jieun est persuadée qu’il en sait beaucoup plus qu’il ne veut bien le montrer. Ses phrases mystérieuses, ses silences et sa façon de choisir chacun de ses mots l’avaient parfois agacée, mais c’est surtout grâce à lui qu’elle avait pu poursuivre la piste qui l’avait finalement menée jusqu’au coffret.
Cette fois, elle ne veut plus se contenter de quelques énigmes.
Elle doit le revoir.
Lorsqu’elle arrive devant son appartement, Jieun sonne et attend quelques instants.
La porte s’ouvre.
Le vieil homme apparaît et, en la reconnaissant, affiche une expression de surprise qui se transforme rapidement en sourire.
Jieun ouvre la bouche pour expliquer la raison de sa visite, mais il la devance immédiatement.
– Vous tombez bien ! Je m’apprêtais justement à faire un peu de calligraphie. Entrez donc !
Jieun reste un instant devant la porte, la phrase qu’elle avait préparée encore suspendue au bord des lèvres.
Finalement, elle sourit intérieurement.
L’homme n’a décidément pas changé depuis leur dernière rencontre. Il semble toujours savoir ce qu’elle vient chercher et, surtout, il ne lui laisse jamais vraiment le temps de le demander.
Elle entre.
Sur la table, tout est effectivement prêt : plusieurs pinceaux sont soigneusement disposés près d’une pierre à encre, tandis que des feuilles de hanji attendent encore parfaitement immaculées.
Le vieil homme désigne la chaise placée devant le matériel.
– Asseyez-vous.
Jieun obéit presque machinalement. Assise devant les pinceaux et l’encre, elle a soudain l’impression d’être une élève venue assister à une leçon qu’elle n’avait pourtant jamais demandée.
Elle le regarde préparer tranquillement le matériel.
Cette fois, elle refuse cependant de repartir sans avoir parlé.
– En fait…
Aucune réaction.
L’homme continue de préparer son encre avec une concentration imperturbable.
Jieun reprend, avec une petite pointe d’agacement dans la voix :
– J’ai suivi l’indice que vous m’aviez donné avec le papier de hanji… et j’ai trouvé…
Le vieil homme se retourne brusquement.
– Allez, allez… Je n’ai pas besoin de tout savoir.
Jieun s’interrompt.
Elle le fixe quelques secondes.
Il sait.
Elle en est presque certaine.
Il sait ce qu’elle a trouvé, ou au moins ce que l’indice devait lui permettre de découvrir, mais il refuse délibérément qu’elle le prononce devant lui.
Jieun repense immédiatement à la réaction de la vendeuse de tissus lorsqu’elle avait aperçu le coffret, puis à son avertissement de ne pas le montrer à n’importe qui.
Le message commence à devenir clair.
Ce coffret doit rester secret.
Le vieil homme, lui, a déjà repris son activité comme si cette conversation n’avait jamais eu lieu. Il saisit finalement un pinceau et le tend à Jieun.
– Si tu veux comprendre tout ce mystère, dit-il calmement, tu dois d’abord comprendre ce que représente un trait.
Jieun regarde le pinceau.
Encore une phrase énigmatique.
Mais cette fois, elle ne proteste pas.
Elle le prend.
Le vieil homme lui montre d’abord quelques gestes, puis place devant elle 9 caractères qu’il lui demande de reproduire un à un.
Jieun pose délicatement la pointe de son pinceau sur le papier.
L’encre est noire, profonde, tandis que le hanji encore immaculé semble presque trop parfait pour être touché.
Elle commence.
Très vite, elle comprend que le moindre mouvement compte. La pression du pinceau modifie l’épaisseur du trait, sa vitesse change son aspect, et la plus petite hésitation reste visible sur le papier.
Il n’est pas possible d’effacer pour recommencer.
Chaque geste laisse une trace.
Jieun observe attentivement le vieil homme, puis tente de reproduire ses mouvements en cherchant le juste équilibre entre la maîtrise du pinceau et la liberté du geste. Au début, elle réfléchit à chaque déplacement de sa main, mais peu à peu, quelque chose devient plus naturel.
Sa respiration ralentit.
Toute son attention se concentre sur la pointe du pinceau qui glisse sur le hanji.
Pendant quelques instants, il n’y a plus de carnet, plus de coffret, plus d’esprits mystérieux ni de questions sur sa grand-mère. Il n’y a que l’encre, le papier et ce geste qu’elle doit conduire jusqu’à son terme.
Lorsqu’elle trace enfin le dernier mouvement, Jieun relève lentement son pinceau.
Le vieil homme s’approche et contemple le résultat sans rien dire.
Son silence dure suffisamment longtemps pour que Jieun commence à douter.
Puis il murmure :
– Tu apprends vite.
Il incline légèrement la tête en signe d’approbation.
Jieun regarde sa calligraphie et ne peut retenir un sourire de satisfaction. Elle sait qu’elle est loin d’être parfaite, mais cette simple reconnaissance lui procure une fierté presque enfantine.
Le vieil homme observe encore quelques secondes le papier.
Puis il ajoute, toujours à voix basse :
– Vous êtes bien sa petite-fille.
Le sourire de Jieun disparaît.
Elle tourne brusquement la tête vers lui.
Le vieil homme, lui, continue de contempler la calligraphie comme s’il venait de prononcer une phrase parfaitement ordinaire.
Mais Jieun commence à le connaître.
Depuis leur première rencontre, cet homme ne semble jamais laisser échapper un mot par hasard. S’il vient de parler de sa petite-fille, c’est qu’il voulait qu’elle l’entende.
Cette fois, elle saisit la perche.
– Vous connaissez ma grand-mère ?
Le vieil homme détourne légèrement le visage, dissimulant mal un petit sourire qui donne presque à Jieun l’impression qu’il attendait précisément cette question.
Puis son expression s’adoucit.
– C’est une personne bienveillante.
Jieun reste immobile.
Ce n’est pas le fait qu’il connaisse sa grand-mère qui la bouleverse le plus.
C’est le temps qu’il vient d’employer.
« C’est.
Pas « C’était ».
Son cœur accélère.
– « C’est » ? répète-t-elle timidement.
Sa voix tremble déjà.
Le vieil homme ne répond pas immédiatement. Il range tranquillement l’un des pinceaux, puis son visage devient beaucoup plus sérieux.
– Elle est bien à Paris.
Jieun cesse presque de respirer.
Tout ce qu’elle a découvert depuis son arrivée semble soudain se resserrer autour de ces quelques mots : la photographie impossible, l’écriture de sa grand-mère, le témoignage du maître de taekwondo et toutes les traces qui semblaient prouver qu’elle était réellement passée par Paris.
Mais cette fois, quelqu’un ne lui parle plus d’un passage ancien.
Il lui dit qu’elle est ici.
– Où ? demande Jieun d’une voix à peine audible.
Le vieil homme secoue doucement la tête.
– Je ne le sais pas moi-même.
Jieun sent l’espoir retomber brutalement, mais il poursuit avant qu’elle puisse répondre.
– Elle vous trouvera lorsque le moment sera venu.
Jieun ne sait plus quoi demander.
Elle voudrait insister, savoir quand il l’a vue pour la dernière fois, ce qu’il sait réellement et comment il peut être aussi certain qu’elle se trouve encore à Paris. Pourtant, lorsqu’elle regarde le vieil homme, elle comprend qu’elle n’obtiendra rien de plus aujourd’hui.
Et, pour une fois, cela lui suffit presque.
Sa grand-mère est à Paris.
Ces quelques mots tournent en boucle dans son esprit.
Jieun remercie le vieil homme pour la calligraphie et pour ce qu’il vient de lui révéler. Sa gorge est nouée, ses yeux déjà brillants, mais elle s’efforce de ne pas pleurer devant lui. Elle inspire profondément, parvient à lui adresser un sourire fragile, puis quitte rapidement l’appartement avant que son émotion ne déborde complètement.
Une fois dans la rue, elle s’arrête… Elle n’y arrive plus…
Les larmes qu’elle retenait depuis l’appartement coulent enfin sur ses joues, d’abord silencieusement, avant que toute l’émotion accumulée depuis son arrivée ne la submerge.
Pendant des années, sa grand-mère avait simplement disparu. Jieun avait appris à vivre avec l’absence, avec les questions sans réponse et avec cette terrible possibilité qu’elle ne la reverrait jamais.
Mais aujourd’hui, pour la première fois, quelqu’un vient de lui donner autre chose qu’un indice ou une trace du passé.
Un espoir.
Sa grand-mère est quelque part dans cette ville.
Jieun essuie ses larmes, mais d’autres viennent aussitôt.
Elle ne sait pas où la chercher, elle ignore pourquoi elle se cache et comprend encore moins pourquoi elle semble avoir préparé cette étrange quête à son intention.
Pourtant, au milieu de ses sanglots, une pensée suffit désormais à tout changer.
Elle est vivante.
Et quelque part dans Paris, peut-être beaucoup plus près qu’elle ne l’imagine…

