Quête #13

Quête #13
Bojagi
Le bojagi est un tissu d’emballage traditionnel coréen, utilisé pour envelopper, transporter ou offrir des objets du quotidien comme des présents précieux. Derrière ce simple carré de tissu se cache un art délicat, mêlant sens pratique, esthétique textile et symbolique du lien.
Localisation En ligne
Disponible Jusqu’au 8 novembre 2026
Ressources Bojagi (fiche pédagogique)
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Histoire de la chasse au trésor 

Depuis sa rencontre aux Arènes de Lutèce, Jieun ne cesse de repenser à l’inconnu du jardin.
Elle est partie trop vite, emportée par son agacement, sans même lui demander son nom. À présent, elle ne possède presque aucun indice permettant de le retrouver. Elle revoit seulement sa silhouette élancée, son regard sévère et cette manière étrangement assurée de parler des créatures qui rôdent dans Paris.
Un détail finit pourtant par lui revenir.
Son vêtement.
Il portait un costume à la coupe occidentale, mais dont les lignes rappelaient celles d’un hanbok masculin. La tenue était suffisamment singulière pour avoir été créée sur mesure. Jieun se souvient également d’un petit emblème brodé sur le tissu : une fleur de mugunghwa, discrète mais parfaitement dessinée.
Elle s’installe devant son ordinateur et commence ses recherches.
Boutiques coréennes, tailleurs, stylistes, créateurs de hanbok contemporain… Elle multiplie les mots-clés, consulte des dizaines de pages et compare les logos, mais ne trouve aucune trace de cette fleur.
Les heures passent.
La fatigue commence à brouiller son regard, mais elle refuse d’abandonner. Cet homme savait quelque chose, et son costume représente la seule piste qu’il lui reste.
Après près de trois heures de recherches, une image attire enfin son attention.
Le même mugunghwa.
Le logo appartient à une petite boutique coréenne spécialisée dans les tissus, la couture et la création de vêtements. Jieun vérifie aussitôt l’adresse. Le magasin se trouve à quelques rues seulement.
Elle referme son ordinateur, attrape son sac et quitte son appartement sans attendre.
La boutique se situe dans un quartier élégant, bordé de vitrines soigneusement éclairées. En chemin, Jieun ralentit plusieurs fois devant les magasins de mode. Les robes, les manteaux et les accessoires sont disposés comme des œuvres d’art, chacun racontant une histoire différente à travers les matières et les couleurs.
Lorsqu’elle atteint enfin la boutique coréenne, elle constate qu’elle est bien plus petite que les enseignes voisines. Sa vitrine, cependant, possède un charme particulier. Des étoffes délicates y sont suspendues avec sobriété, et un bojagi soigneusement noué repose au centre de la présentation.
Jieun pousse la porte.
Une clochette résonne doucement.
À l’intérieur, des rouleaux de tissus nobles occupent les étagères. Des bojagi sont présentés comme de véritables tableaux, tandis que plusieurs hanbok, aux couleurs profondes et aux lignes élégantes, semblent flotter sous la lumière chaude de la boutique.
Jieun s’arrête, émerveillée.
Même en Corée, elle a rarement vu des étoffes aussi fines. Certaines paraissent presque liquides sous la lumière, tandis que d’autres révèlent des textures plus brutes, irrégulières et vivantes.
Une femme coréenne s’approche alors d’elle.
Elle porte une tenue sobre, d’une élégance naturelle, et accueille Jieun avec un sourire chaleureux.
– Puis-je vous aider ?
Jieun reste un instant troublée par sa présence. La femme ne paraît ni intimidante ni distante, mais quelque chose dans sa manière de se tenir lui inspire immédiatement le respect.
– Je voulais simplement regarder, répond-elle avec une légère hésitation.
– Bien sûr. Prenez tout le temps dont vous avez besoin. N’hésitez pas à m’appeler si vous cherchez quelque chose de particulier.
Jieun la remercie et poursuit sa visite.
Elle touche délicatement quelques tissus, observe les motifs et admire les nuances de couleur. Pendant plusieurs minutes, elle en oublie presque la raison de sa venue.
Puis elle reprend ses esprits.
Elle commence à chercher un costume semblable à celui que portait l’homme des Arènes. Elle inspecte les portants, examine les vestes et compare les coupes, mais ne trouve rien qui corresponde exactement à son souvenir.
Finalement, elle retourne vers la vendeuse.
– Je cherche un costume assez particulier. Il avait une coupe moderne, mais inspirée du hanbok masculin. Il était sombre, très élégant, avec une petite fleur de mugunghwa brodée dessus.
La femme réfléchit quelques instants, puis secoue doucement la tête.
– Je suis désolée. Cela ne me dit rien.
La déception traverse immédiatement le visage de Jieun.
Elle s’était doutée que cette piste pouvait ne mener nulle part, mais après toutes ces heures de recherche, elle espérait malgré tout obtenir une réponse.
La vendeuse remarque son expression.
– Attendez.
Elle se dirige vers une petite table, choisit un carré de tissu et le plie avec soin avant de le tendre à Jieun.
– Prenez ceci. Pour vous remercier d’être passée.
Il s’agit d’un petit morceau de bojagi, simple mais délicat, dont les couleurs s’accordent avec une douceur inattendue.
Jieun le reçoit entre ses mains, sincèrement touchée.
– Je… merci. C’est vraiment très gentil.
Elle pose son sac sur le comptoir afin d’y ranger le tissu. En l’ouvrant, le carnet apparaît brièvement entre ses affaires.
Le regard de la vendeuse change.
– Jieun ?
Le geste de Jieun s’interrompt.
Ses doigts restent posés sur le bojagi.
Elle relève lentement la tête.
Encore une personne qui connaît son nom.
– Oui… répond-elle avec prudence.
Le sourire de la femme revient, mais il semble désormais chargé d’une signification nouvelle.
– Vous auriez dû commencer par là.
Jieun ne répond pas.
– Un homme coréen est effectivement venu acheter le costume que vous venez de me décrire. Je devais cependant respecter la confidentialité de mes clients.
Jieun la fixe, partagée entre le soulagement et l’inquiétude.
– Comment connaissez-vous mon nom ? Plusieurs inconnus à Paris semblent savoir qui je suis. Pourquoi ?
La femme conserve un sourire doux.
– N’ayez pas peur. Nous sommes là pour vous guider.
– Me guider ?
La vendeuse ne répond pas immédiatement.
Le silence qui suit semble confirmer que ces mots ont été choisis avec précaution.
– Me guider vers la créature que je poursuis ? insiste Jieun.
La femme baisse légèrement les yeux.
– Nous-mêmes, nous ne connaissons pas toute l’histoire.
Jieun comprend qu’elle évite volontairement de répondre. Pourtant, contrairement aux autres personnes rencontrées jusque-là, cette femme paraît disposée à l’écouter. Elle semble même attendre que Jieun lui montre quelque chose.
Après une courte hésitation, Jieun ouvre de nouveau son sac.
Elle en sort la petite boîte en bois déterrée au centre de la place de Séoul et la pose délicatement sur le comptoir.
La réaction de la vendeuse est immédiate.
Ses yeux s’écarquillent. Son sourire disparaît. Pendant une seconde, elle paraît oublier de respirer.
– Vous l’avez trouvée ?
Le ton n’a plus rien de chaleureux ou de léger.
Jieun sent naître en elle un mélange d’espoir et de regret. Cette femme connaît la boîte. Elle pourrait enfin lui apporter des réponses. Mais son expression laisse également deviner que Jieun vient peut-être de révéler quelque chose qu’elle aurait dû garder secret.
– Vous savez ce qu’elle contient ? demande-t-elle.
La vendeuse ne répond pas.
Elle observe la boîte encore quelques secondes, puis relève les yeux vers Jieun.
– Faites très attention aux personnes à qui vous la montrez.
Sa voix est devenue grave.
– Je pense que vous allez avoir besoin d’aide.
Elle disparaît dans l’arrière-boutique, laissant Jieun seule devant le coffret fermé.
Lorsqu’elle revient, elle tient un paquet soigneusement enveloppé entre ses mains.
– Ce paquet contient un bojagi ancien. Il vous appartient désormais.
Jieun s’apprête à demander ce qu’il représente, mais la femme poursuit avant qu’elle ait pu parler.
– Je vais également vous donner une adresse. La personne qui s’y trouve est un autre jikimi, comme moi. Il pourra vous protéger. Lorsque vous le rencontrerez, vous comprendrez pourquoi.
Le mot résonne dans l’esprit de Jieun.
Jikimi. 지킴이.
Un gardien.
Elle pense aussitôt au vieil homme et à toutes les personnes croisées depuis son arrivée à Paris. Des inconnus qui semblaient connaître une partie de son histoire, qui lui avaient donné des indices sans jamais lui révéler l’ensemble de la vérité.
La vendeuse inscrit un nom coréen et une adresse sur un morceau de papier, puis le lui tend.
Jieun prend le message en restant silencieuse.
Le sourire de la vendeuse est revenu, mais il ne suffit plus à dissimuler son inquiétude.
Jieun range lentement le bojagi ancien, l’adresse et le coffret dans son sac. Lorsqu’elle quitte la boutique, la rue élégante paraît soudain moins rassurante qu’à son arrivée.
Elle sait désormais qu’elle doit se montrer prudente.
Mais elle vient également de comprendre quelque chose d’essentiel.
Depuis le commencement, elle n’a jamais été totalement seule.
Dans Paris, des gardiens suivent son parcours, reconnaissent son carnet et connaissent son nom. Certains semblent attendre sa venue depuis longtemps, comme si chaque rencontre avait été organisée avant même qu’elle quitte la Corée.
Une seule question demeure.
Qui a préparé cette aventure pour elle ?

📖 Toute l’histoire
Énigmes
1
Enigme 1 Facile Connaissances
Les différents bojagis
A résoudre
2
Enigme 2 Moyen Connaissances
Le vœu enveloppé
A résoudre
3
Enigme 3 Facile Logique
Nouons un bojagi
A résoudre
4
Enigme 4 Facile Observation
Les 7 différences
A résoudre
Énigme Bonus
5
Enigme 5 Moyen Connaissances
Le bon ordre des gestes
A résoudre
6
Enigme 6 Facile Observation
A la recherche du Jogakbo
A résoudre